Comprendre le changement climatique en cartes mentales conférence le samedi 2 mars 14H30 Médiathéque Marcq

jeudi 21 février 2019 par Pierre Mongin
  • Samedi 3 mars de 14h30 à 16H, conférence débat : Comprendre le changement climatique en cartes mentales Médiathéque la Corderie Marcq en Baroeul par Pierre Mongin . https://corderie.marcq-en-baroeul.fr/Default/doc/AGENDA/227
  • Le texte en français de la petite suédoise faisant la gréve pour le climat : - A l’âge de 8 ans environ, j’ai entendu parler pour la première fois de changement climatique ou réchauffement climatique. Apparemment, c’était quelque chose que les humains avaient créé de par leur manière de vivre. On me disait d’éteindre les lumières pour économiser l’énergie, et de recycler le papier pour économiser les ressources. Je me rappelle avoir pensé que c’était vraiment étrange que les humains, qui sont une espèce animale parmi d’autres, soient capables de changer le climat de la Terre. Car si nous le pouvions, et si cela était réellement en train de se passer, nous ne parlerions que de cela. Dès qu’on aurait allumé la TV, tout aurait été consacré à ce sujet. Gros titres, radio, journaux, vous n’auriez jamais pu lire ou entendre quoi que ce soit d’autre, comme si une guerre mondiale faisait rage. Mais personne n’en parlait jamais. Si brûler des combustibles fossiles était mauvais au point de menacer notre existence, comment pouvions-nous continuer à le faire ? Pourquoi n’y avait-il aucune restriction ? Pourquoi n’était-ce pas déclaré illégal ? Pour moi, cela n’avait aucun sens. C’était trop irréel. De sorte qu’à 11 ans, je suis tombée malade. Je suis tombée en dépression, j’ai arrêté de parler, et j’ai arrêté de manger. En deux mois, j’ai perdu environ 10 kilos. Par la suite, j’ai reçu le diagnostic de syndrome d’Asperger, TOC et mutisme sélectif. Cela signifie que je ne parle que lorsque je pense que c’est nécessaire - comme c’est le cas maintenant. Pour ceux d’entre nous qui en sont, quasiment tout est blanc ou noir.Nous ne sommes pas très doués pour mentir, et en général, nous n’aimons pas prendre part à ce jeu social que le reste d’entre vous semblent tant apprécier. Je pense qu’à bien des égards, nous, autistes, sommes normaux, et le reste des gens sont franchement étranges,surtout quand il s’agit de la crise du développement durable, où tout le monde répète que le changement climatique est une menace pour notre existence et le problème le plus important de tous, et pourtant continue de se comporter comme si de rien n’était. Je ne comprends pas cela, car si les émissions doivent s’arrêter,alors nous devons arrêter les émissions. Pour moi, c’est blanc ou noir.Il n’y a pas de niveaux de gris lorsqu’il s’agit de survie. Soit nous continuons notre route en tant que civilisation, soit on s’arrête. Nous devons changer.Les pays riches comme la Suède doivent commencer à réduire leurs émissionsd’au moins 15% chaque année.Et cela pour rester en deçà du réchauffement-cible de 2°C. Cependant, comme le GIEC l’a démontré récemment,viser un objectif de 1,5°Créduirait significativement les impacts climatiques.Mais nous ne pouvons qu’imaginer ce que cela signifieen termes de réduction d’émissions.Vous penseriez que les media et chacun de nos dirigeantsne parleraient que de cela,mais ils ne le mentionnent même pas. Pas plus que quiconque ne mentionne jamaisles gaz à effet de serre déjà piégés dans le système.Ni le fait que la pollution de l’air camoufle un réchauffement tel que lorsque nous cesserons de brûler les combustibles fossiles,nous aurons déjà atteint un niveau de réchauffement de 0,5 à 1,1°C. Pas plus ne parle-t-on du fait que nous sommes au milieu de la 6e extinction de masse, avec plus de 200 espèces qui disparaissent chaque jour, que le taux d’extinction est aujourd’hui entre 1 000 et 10 000 fois supérieur à ce qui est considéré comme normal. Et presque personne ne parle de l’aspect d’équité ou de justice climatique, pourtant clairement spécifiés partout dans l’Accord de Paris, et absolument nécessaires pour que cela fonctionne à l’échelle mondiale. Cela signifie que les pays riches doivent atteindre le niveau de zéro-émission d’ici 6 à 12 ans, vu le taux actuel d’émission. Et cela pour que les pays plus pauvres puissent avoir une chance d’améliorer leur standard de vie en construisant certaines des infrastructures que nous avons déjà construites, telles que routes, écoles, hôpitaux, eau potable, électricité, etc.Car comment pouvons-nous attendre de pays comme l’Inde ou le Nigeria qu’ils se préoccupent de la crise climatique si nous, qui avons déjà tout, ne nous en préoccupons pas même une seconde, ni ne nous préoccupons de nos engagements vis-à-vis de l’Accord de Paris ? Alors, pourquoi ne réduisons-nous pas nos émissions ? Pourquoi sont-elles en réalité toujours en train d’augmenter ? Sommes-nous, sciemment, en train de causer une extinction de masse ? Sommes-nous malfaisants ?Non, bien sûr que non. Les gens continuent de faire ce qu’ils font car la vaste majorité d’entre eux n’a pas la moindre idée des conséquences réelles de notre vie de tous les jours, et ils ne savent pas qu’un changement rapide est requis. Nous pensons tous savoir, et nous pensons tous que chacun sait, mais en réalité, nous n’en savons rien. Car comment pourrions-nous savoir ? S’il y avait réellement une crise, et si cette crise était causée par nos émissions, on devrait voir au moins quelques signes. Pas seulement des villes inondées, des dizaines de milliers de morts, et des nations entières réduites à des entassements d’immeubles détruits. On devrait voir des restrictions. Mais non. Et personne n’en parle. Il n’y a ni réunions d’urgence, ni gros titres à la une des journaux. Personne ne se comporte comme si nous étions en crise. Même la plupart des scientifiques climatologues ou politiciens verts continuent de voler autour du globe, mangeant viande et produits laitiers. Si je vis jusque 100 ans, je serai vivante en l’an 2103. Lorsqu’on pense au futur aujourd’hui, on ne pense pas au-delà de 2050. D’ici-là, je n’aurai, au mieux, pas même vécu la moitié de ma vie. Que se passe-t-il ensuite ? En 2078, je célébrerai mon 75e anniversaire. Si j’ai des enfants ou des petits-enfants, peut-être passeront-ils ce jour-là avec moi. Peut-être qu’ils me questionneront à votre sujet, vous, les gens qui étiez là en 2018. Peut-être me demanderont-ils pourquoi vous n’avez rien fait, alors qu’il était encore temps d’agir. Ce que nous faisons ou non maintenant affectera ma vie entière et les vies de mes enfants et petits-enfants. Ce que nous faisons ou non maintenant, ma génération et moi ne pourrons pas le défaire dans le futur. De sorte que, lorsque l’école a démarré en août cette année, j’ai décidé que c’en était assez. Je me suis assise devant le parlement suédois. J’ai fait la grève de l’école, pour le climat. Certaines personnes disent que je devrais plutôt être à l’école. Certaines personnes disent que je devrais étudier et devenir climatologue pour « résoudre la crise climatique ». Mais la crise climatique est déjà résolue.Nous connaissons déjà tous les faits et solutions.Tout ce que nous avons à faire, c’est nous réveiller et changer.Et pourquoi devrais-je étudier pour un futur qui bientôt ne sera plus, alors que personne ne fait quoi que ce soit pour le sauver ?Et à quoi bon apprendre des faits dans ce système scolaire,quand les faits les plus importants,établis par la science la plus fine issue de ce même système scolaire,n’ont clairement aucune importance pour nos politiciens et notre société ?Certaines personnes disent que la Suède n’est qu’un petit pays, et que ce que nous faisons n’a aucune importance.Mais si quelques enfants parviennent à faire la une des journaux dans le monde,simplement en arrêtant d’aller à l’école pendant quelques semaines,imaginez ce que nous pourrions faire tous ensemble si nous le voulions ! (Applaudissements)Nous arrivons presque à la fin de mon temps de parole,et c’est le moment que les gens choisissent généralement pour parler d’espoir, panneaux solaires, éoliennes, économie circulaire, etc. Mais je ne vais pas faire cela. Nous avons eu 30 ans de discours d’encouragement, vendant à bon marché des idées positives. Et je suis désolée, mais ça ne marche pas. Car si cela avait marché, les émissions auraient déjà diminué. Elles n’ont pas diminué. Et oui, nous avons besoin d’espoir. Bien sûr que nous en avons besoin. Mais plus encore que d’espoir, nous avons besoin d’action. Une fois que nous nous engageons dans l’action, l’espoir est partout. Donc plutôt que chercher l’espoir, cherchez l’action. Alors, et alors seulement, l’espoir viendra. Aujourd’hui, nous utilisons 100 millions de barils de pétrole chaque jour. Il n’y a pas de politique pour changer cela. Il n’y a pas de règles pour garder le pétrole dans le sol. Donc nous ne pouvons sauver le monde en suivant les règles, car les règles doivent être changées. Tout doit changer, et cela doit commencer aujourd’hui.


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